| Séjour CAF à Amiens | ||
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Texte pour faire de la place Texte pour faire de la place Texte pour faire de la place Ici Paris occupé (par les Américains) Latitude : 48°52′0,00″ N Longitude : 2°19′60,00″ E Altitude : 0 m Date : 1er décembre 2024 Texte pour faire de la place Ici Paris opprimé par Macron Latitude : 48°52′0,00″ N Longitude : 2°19′60,00″ E Altitude : 0 m Date : 1er décembre 2024 ![]() À côté de cette seconde écluse était installée une poubelle publique dûment équipée
d’un sac, mais située… sur l’autre rive ! Le seul moyen pour traverser était de passer sur les portes de l’écluse,
ce qui était expressément interdit mais que je me suis bientôt résolu à faire (ensuite imité par plusieurs
de mes compagnons), n’ayant pas envie de trimbaler mes ordures jusqu’à la gare.
Des hortillons et des photographesAprès le succès de mon retour au CAF au printemps 2025, je me suis inscrit pour une seconde randonnée au mois de septembre de la même année. Cette fois-ci un séjour plus court (un simple week-end), et beaucoup moins loin (la ville d’Amiens, dans les Hauts-de-France, à environ 1h10 de train de Paris). Le séjour, outre l’inévitable cathédrale d’Amiens ainsi que les célèbres hortillonnages, comprenait quelques visites dans les environs (la cité souterraine de Naours, le mémorial photographique de Vignacourt). Il se terminait une randonnée le long de la Somme jusqu’à la ville voisine de Corbie. La météo prévue pour ce week-end n’était pas fameuse, j’ai même craint de devoir randonner constamment sous la pluie et de me retrouver trempé. En fait, nous avons eu beaucoup de chance, avec juste une petite averse d’une demi-heure en fin de randonnée le premier jour (un gros orage est venu ensuite, mais nous trouvions alors dans le musée !). Le dimanche, nous avons eu majoritairement un temps gris et presque sans pluie. Nous avons logé pendant tout le week-end dans l’auberge de jeunesse d’Amiens : un choix de l’organisateur qui a sans doute permis de faire de substantielles économies, mais tout de même assez rude question nourriture (repas dans un self à heure fixe, cuisine réchauffée et menu identique tous les soirs). L’auberge de jeunesse se situe en périphérie de la ville, dans une ancienne caserne (la caserne Friant) démilitarisée il y a une quinzaine d’années. Ces bâtiments militaires en brique rouge ne sont pas dénués d’intérêt. L’ancienne caserne se situe à une vingtaine de minutes à pied de la gare, que nous avons dû parcourir en arrivant le vendredi soir. Au passage nous avons effectué un petit détour par le musée Jules Verne, même s’il était fermé à cette heure. Jules Verne, qui vécut à Amiens et y écrivit la plupart de ses romans, est l’une des gloires d’Amiens, disputée avec Nantes, sa ville natale. L’organisateur avait initialement prévu d’assister le soir au son et lumière sur la façade de la cathédrale. Mais la ville d’Amiens (par mesure d’économie) a annulé cette manifestation en dehors des mois de juillet et d’août. Quelques photos prises le lendemain matin de site de l’ancienne caserne Friant. L’ancienne place d’armes est devenue un jardin public (actuellement en réfection), tandis qu’une pharmacie occupe l’emplacement du poste de garde. Friant était un général du Ier Empire, originaire de la région. Notre organisateur avait affrété pour les déplacements du lendemain, un bus. Un grand bus (alors que nous étions que 8), qui allait nous conduire à Naours le matin, puis nous reprendre à Vignacourt dans l’après-midi. Le véhicule était en fait un bus public de la ville d’Amiens, qu’il est ainsi possible de privatiser (avec son chauffeur). J’imagine que le prix ne doit pas être trop élevé et donc qu’une partie de ce déplacement est payé par la collectivité… On comprend dès lors qu’il n’y ait plus d’argent pour le son et lumière. Une petite demi-heure de bus nous a donc conduits à Naours, un village situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest d’Amiens. Le bus nous a déposés devant l’église du village. Principale attractivité de Naours : sa cité souterraine (dont voici le plan). La cité souterraine de Naours est une ancienne carrière creusée au XIIᵉ siècle à une trentaine de mètres de profondeur. Au XVIIᵉ siècle pendant la guerre de Trente Ans, elle fut utilisée par les villageois qui venaient s’y cacher (se « mucher » en picard) des envahisseurs. Elles furent redécouvertes à la fin du XIXᵉ par l’abbé du lieu, Ernest Danicourt, archéologue à ses heures, qui étudia longuement le site (y organisant même un congrès d’archéologie), le fit visiter aux villageois puis l’aménagea comme lieu touristique. Le lieu fut ensuite utilisé pendant la Grande Guerre par des soldats (principalement anglo-saxons) qui venaient le visiter pendant leur temps de repos (Naours était situé à l’arrière du front). Ces soldats ont laissé nombre de graffitis qui sont maintenant pieusement conservés et répertoriés (la plupart étant laissés à l’écart du circuit de visite). Enfin, sous l’Occupation, les Allemands s’y réfugièrent pour s’abriter des bombardements, mais tout en autorisant les villageois à faire de même et sans abîmer les graffitis du conflit précédent. La visite s’effectue par audio-guide. Je me suis arrangé pour m’isoler de mes compagnons (tout en écoutant les explications) afin de prendre quelques photos. Ci-dessous à droite, un conduit de cheminée qui était utilisé pendant la guerre de Trente Ans. La fumée ne sortait pas à la verticale, mais, grâce à un astucieux prolongement horizontal situé sous la surface, quelques centaines de mètres plus loin, de manière à ce que l’emplacement exact des carrières ne puisse être repéré. Ci-dessous encore à droite, une petite chapelle souterraine qui a été aménagée par Ernest Danicourt. Le lieu où Ernest Danicourt organisa le congrès d’archéologie (la liste des participants est gravée sur la stèle). D’autres photos que j’ai prises pendant la visite, y compris de couloirs latéraux qui n’étaient pas éclairés (j’ai utilisé ma frontale pour prendre certaines photos). La visite s’enchaîne sur un petit musée présentant quelques métiers d’antan (ainsi qu’une partie consacrée à la Grande Guerre mais que je n’ai pas photographiée). Après cette visite qui a duré beaucoup plus longtemps que ne l’avait prévu l’organisateur, nous avons entamé la randonnée. Repassant d’abord par l’église de Naours, puis empruntant un PR en direction de l’ouest, lequel suit dans un premier temps le lit d’un affluent de la Somme, la Nièvre. Il n’y a pas de photo de ce cours d’eau. Nous sommes ensuite montés sur un plateau en traversant quelques villages. Tout d’abord Wargnies (au nom très « ch’ti »), puis Havernas dont la très belle église néogothique de brique et de pierre mêlée est aussi évocatrice du nord de la France. Nous poursuivons dans les champs (halte pique-nique un peu plus loin). Le temps commençait vraiment à menacer alors que nous approchions de Vignacourt. Il n’a d’ailleurs pas fait que menacer et nous avons dû enfiler les protections de pluie. Mais, comme je l’ai expliqué en introduction, le véritable déluge n’est venu qu’après que nous eûmes terminé la randonnée. Arrivée ensuite à Vignacourt : 8 km seulement depuis Naours (une seconde partie avait été prévue par l’organisateur, mais elle s’est trouvée fortement écourtée tant à cause de la météo que du retard pris par les visites). A suivi la seconde visite de la journée : le centre d’interprétation de Vignacourt 14-18. La visite sera guidée pendant pas moins de 2h par l’employée du lieu, une jeune femme (prénommée Aurore) particulièrement investie et passionnée par son sujet. Il s’agit d’une ancienne ferme dont le propriétaire aux alentours de 1910, Louis Thuillier, se passionna pour la photographie et acquit un appareil, ce qui était encore très rare à l’époque, surtout à la campagne. Il aménagea un petit studio dans sa ferme (avec une toile peinte en guise de décor), et commença par photographier les villageois. Quand vint la guerre, il faut mobilisé, mais rapidement blessé et renvoyé dans ses foyers. Il reprit son activité de photographe, aidé également de sa femme Antoinette à qui il avait enseigné l’utilisation de l’appareil. Il proposèrent des portraits aux nombreux soldats alliés qui venaient se reposer ici entre les combats : les portraits étaient tirés sur des cartes postales que les soldats envoyaient à leurs famille ; mais les négatifs sur plaque de verre étaient conservés par les Thuillier. Ils prirent en tout de l’ordre de 4000 photos, de soldats de plusieurs nationalités mais en grande majorité australiens. Les Australiens combattaient ici sans rentrer chez eux de toute la guerre (et avant de venir en France ils étaient passés par l’Égypte). Les Thuillier photographièrent aussi des soldats d’autres nationalités, des Anglais notamment, mais aussi des soldats des colonies britanniques (Indiens, Népalais…). Il y eut aussi quelques militaires français, mais beaucoup plus rares car les Français ne stationnaient pas dans le secteur. Enfin, autre particularité, des travailleurs chinois, qui n’étaient pas là pour combattre mais employés à de basses besognes (comme ramasser les corps sur le front). La plupart des photos sont des portraits devant la toile peinte, mais il y a aussi quelques photos des maisons du village. On peut d’ailleurs reconnaître ces maisons qui pour la plupart existent toujours, le village n’ayant pas beaucoup changé. Quelques évènements particuliers furent par ailleurs photographiés, comme des mariages entre des militaires australiens et des femmes du cru. L’activité des Thuillier dura le temps de la guerre. Des photos remarquables furent d’ailleurs prises le 11 novembre 1918, jour où un drapeau fut hissé sur le clocher de l’église du village (une manœuvre très dangereuse !). Ensuite, les soldats australiens partirent et le village se vida. Louis Thuillier, qui devait être un peu dépressif, en souffrit beaucoup et abandonna son activité de photographe. Tous les négatifs des photos furent toutefois conservés et soigneusement rangés dans le grenier de la ferme. Ensuite la collection tomba dans l’oubli. Le couple Thuillier eut un fils unique qui vécut jusqu’au début des années 1990 et resta célibataire. Son neveu hérita de la ferme mais ne s’y intéressait guère. Elles furent redécouvertes un peu par hasard (même si nombre de villageois connaissaient l’existence des photos). Au moment du centenaire de la guerre, des journalistes australiens ébruitèrent l‘affaire ce qui suscita l’intérêt d’un milliardaire « philanthrope » australien. Lequel racheta toute la collection de négatifs pour un prix assez modique. Négatifs qui se trouvent dorénavant à Camberra, ce que l’on est en droit de regretter mais c’est ainsi. Le site ne présente donc que des copies des photos qui ont été numérisées. Notre guide Aurore, ainsi que sa collègue, essaie patiemment d’identifier certain des militaires présents sur les photos, en s’aidant notamment du témoignage de personnes âgées qui viennent visiter le site (reconnaissant pour certains leur père). Un travail de fourmi (qui n’est pas sans similitude avec des recherches généalogiques), pour l’heure pas même un dixième des photos aurait été identifiées. Après le compte-rendu de cette visite très intéressante (et rappelé le dévouement exemplaire de la gardienne du lieu Aurore), j’aurais quand même quelques critiques à formuler quant aux impressions laissées par cette visite. Pour commencer, je ne suis pas totalement convaincu du caractère exceptionnel du travail réalisé par le couple Thullier. Ce qui me fait écrire cela c’est l’existence dans mes archives familiales de deux photos en militaire de mon arrière-grand-père, manifestement prises pendant la Grande Guerre. Mon aïeul venait d’un milieu très modeste où il n’existe aucune photo remontant à cette époque ; je peux donc penser que ces photos ont été prises quelques part à l’arrière du front, sans doute dans un atelier similaire à celui des Thuillier… mais pas à Vignacourt où il n’y avait pas de soldat français. Il est possible que d’autres collections (peut-être certes de moindre ampleur) existent ailleurs dans la région ou plus généralement dans le nord de la France. Ma seconde critique concerne la complaisance manifestée par les gens de Vignacourt, vis à vis des Australiens et de manière plus générale des anglo-saxons (ils ont même été jusqu’à rebaptiser du noms de villes australiennes certains rues du village). J’ai déjà mentionné le déplorable fait que toute la collection Thuillier ait déménagé en Australie, ce qui pour moi relève de la part les Australiens d’une mentalité coloniale et de la part des Français d’une soumission scandaleuse. Plus généralement, je suis très gêné par la vision plus que biaisée que nous inculquent depuis des décennies les autorités quant au comportement des Anglo-Saxons pendant les deux guerres mondiales (lesquels seraient soi disant venus nous « aider » de manière désintéressée), alors qu’on est enclin avec le recul à constater qu’ils sont venus nous coloniser et faire de la France (à l’instar de tous les pays européens) des états esclaves. Rappelons à ce propos que Charles de Gaulle ne célébrait pas le 6 juin 1944, mais uniquement le débarquement des troupes françaises en Provence le 15 août 1944. Une colonisation par les anglo-saxons qui n’a fait qu’empirer depuis et qui atteint aujourd’hui son paroxysme où l’on voit l’Europe instrumentalisée par l’état profond américain pour servir de bélier contre la Russie, à rebours de d’une proximité géographique et culturelle pourtant évidente avec ce pays, et surtout à rebours des intérêts manifestes de la plupart de nos peuples. Fin de visite puis retour à Amiens par le bus privatisé, lequel nous a ensuite déposés, non à l’auberge de jeunesse, mais en plein centre à proximité de la cathédrale. Je ne m’étendrai pas sur cette visite de ce magnifique édifice : j’étais en effet déjà venu la visiter il y a trois ans. Ci-dessous à gauche le labyrinthe. Des éléments de la cloture du chœur (du XVIe) : Quelques vitraux dans le chœur ; et la chaire du XVIIIe : Alors que nous étions entrés dans la cathédrale sous une pluie battante, surprise trois quarts d’heure plus tard, quand nous en sommes ressortis : la pluie avait cessé et l’édifice était pleinement illuminé par un magnifique soleil couchant ! L’organisateur nous a ensuite concocté une visite express du centre-ville d’Amiens. Ci-dessous, l’horloge Dewailly, de style art nouveau. Il s’agit en fait d’une copie de l’œuvre originelle, qui datait du tout début du XXe siècle ; la plupart de ses éléments disparurent en effet pendant la Seconde Guerre Mondiale. Celle qu’on peut voir est une reconstitution qui fut installée pour le réveillon de l’an 2000 par Gilles de Robien, alors maire d’Amiens. Nous avons continué (ci-dessus à droite) par le beffroi d’Amiens, tour rectangulaire d’origine médiévale qui a elle aussi subi beaucoup de vicissitudes (qui fut notamment fortement endommagée pendant la dernière guerre). Elle fut restaurée à la fin du siècle dernier et inaugurée par le même Gilles de Robien. « Comme au temps des cathédrales », un sculpteur a représenté au-dessus de la porte à travers de toutes petites statues, l’édile ainsi que son prédécesseur René Lamps qui avait entamé les travaux de restauration (une facétie vraisemblablement réalisée sur commande). Gilles de Robien n’est plus maire d’Amiens depuis longtemps et a totalement disparu des radars médiatiques ces dernières années, mais il serait toujours en vie au moment où j’écris ces lignes. Bien que centriste et originaire de la même ville que notre honni président, il semble avoir toujours pris une certaine distance vis à vis de la macronie, ce qui est tout à son honneur. Seconde journée qui allait commencer par la visite (en barque électrique) des hortillonnages. Nous avons démarré un peu plus tard que la veille et nous sommes rendus sur site en traversant la ville à pied, cette fois-ci lestés de l’ensemble de nos affaires (comme pour toute la randonnée qui allait suivre) : un incontournable de la dernière journée de (quasiment) tous les séjours CAF en étoile. Ci-dessous, l’horrible verrière qui se trouve devant la gare d’Amiens par laquelle nous sommes passés. Les hortillonnages d’Amiens sont une zone marécageuse de 300 ha située en bordure de la Somme et en périphérie immédiate d’Amiens, et qui était historiquement utilisée pour la culture maraîchère. Les parcelles ne sont accessibles que par un complexe réseau de canaux. Le site date du Moyen-Âge et a atteint à certaines époques environ 10 000 ha. Chaque semaine, des barques transportaient le fruit des cultures jusqu’à la ville. On y cultivait également la tourbe qui était utilisée comme combustible. Au fil du temps, les activités traditionnelles ont disparu et les plupart des parcelles ont été rachetées par des particuliers qui y ont installé des cabanes de jardin et des potagers. Il ne reste plus qu’une ou deux parcelles de cultures maraîchères (sachant que l’exploitation de la tourbe est désormais interdite). Les hortillonnages ne sont toujours accessibles qu’en barque, la navigation étant en outre très réglementée (les barques doivent être immatriculées). Ce ne sont pas forcément des barques électriques. La plupart des parcelles ne sont pas non plus reliées au réseau électrique. La balade en barque va durer environ une heure, sur une barque électrique contenant juste notre groupe et pilotée par un batelier-conférencier. Ce dernier fait vivre la visite en nous montrant certaines plantes, certaines espèces animales (poissons, oiseaux), et en nous parlant de l’entretien des hortillonnages notamment réalisé par l’association dont il fait partie. Les canaux constituant les hortillonnages ont un peu de débit. Pour cette raison il n’y aurait pas de moustiques dans les hortillonnages. Pour la même raison, ils ne gèlent presque jamais. Notre batelier accompagnait parfois son commentaire par quelques saillies politiquement incorrectes qui n’étaient pas pour me déplaire (par exemple à propos de certaines « œuvres d’art » modernes disséminées au milieu des hortillonnages — on peut en deviner une sur l’un de mes clichés). Il nous a aussi révélé entre autres que certains guides touristiques d’Amiens font visiter la classe où fut élève un certain Emmanuel M. L’offre existe parce qu’il y a une demande, il y a des gens qui paient pour cela (l’histoire ne dit pas quel est le prix…) Les hortillonnages ont failli disparaître il y a quelques années, notamment pour laisser place à la rocade d’Amiens. Les propriétaires et les associations se sont férocement battus pour leur préservation. Finalement la rocade fut édifiée plus loin (tout comme la ligne TGV d’ailleurs… laquelle évite soigneusement la ville d’Amiens, mais cela n’a peut-être aucun rapport). Après la visite, nous avons immédiatement entamé la randonnée de 19 km prévue au programme, et qui consistait à longer la Somme jusqu’à la ville (anciennement industrielle) de Corbie où nous reprendrons le train. Ci-dessous, alors que nous commençons à nous éloigner de la ville, l’horrible tour Perret qui défigure le centre-ville (et à droite les tours de la cathédrale). Les premiers kilomètres de la randonnée longent de nouveau les hortillonnages. Ensuite on emprunte le chemin de halage sur des kilomètres, ce qui est quelque peu monotone. Aucun relief bien évidemment. le chemin de halage est du reste systématiquement séparé de la terre ferme par divers plans d’eau (rendant très difficile par exemple le fait de s’isoler). Le chemin est tantôt bitumé (ce qui nous expose à la nuisance des cyclistes), tantôt engazonné auquel cas il est quasiment désert (exception faite des promeneurs de chiens, autre nuisance bien française). On trouve de loin en loin quelques bornes kilométriques surannées (et manifestement incomplètes). Elles indiquent la distance au point zéro de la voie navigable, qui serait un certain Saint-Simon à 90 kilomètres environ en amont. Nous avons démarré la balade sur la rive droite de la Somme, que nous avons ensuite franchie une seule fois, à la hauteur de Camon, à peine à quelques kilomètres d’Amiens. Ce pont a une histoire, les militaires s’étant longtemps opposés à sa construction par crainte qu’il ne soit utilisé pour envahir la France en évitant la prise d’Amiens. Ils ont finalement consenti à sa construction, mais avaient prévu qu’il soit miné. À deux reprises seulement, nous avons rencontré des écluses rompant un peu la monotonie. Ces dernières qui étaient équipées de tables de pique-nique, constituaient quasiment les seuls endroits possibles pour déjeuner. Mais notre accompagnateur a dédaigné la première, jugeant qu’il était trop tôt. Nous avons donc dû continuer sur plusieurs kilomètres (arrivant face à la peu attractive zone industrielle qui précède Corbie) avant d’enfin pouvoir faire halte à la hauteur de la seconde écluse. (Ci-dessous la zone industrielle précédemment évoquée). La monotonie de la balade a perduré quasiment jusqu’à Corbie. Nous sommes passés au droit de villages aux noms parfois évocateurs, mais sans véritablement les traverser (Camon, Lamotte-Brebière, Vecquemont, Daours, et Aubigny). Ci-dessous, la dernière photo permet d’apercevoir le clocher de l’abbatiale Saint-Pierre de Corbie. Nous avons fini par arriver dans le bourg de Corbie, au droit d’un pont (pratiquement le premier sur la Somme depuis Camon) par lequel il ne nous restait plus qu’à franchir la rivière afin de gagner la gare. Mais cinquante mètres à peine avant d’y arriver, voilà que le chemin de halage était barré ! Un chantier (d’un local municipal) était en cours, semble-t-il depuis plusieurs mois, et obstruait totalement le passage. Nul contournement possible, sauf à revenir en arrière et marcher deux ou trois kilomètres supplémentaires. Nous avons décidé de tenter de forcer le passage. Pénétrer sur le chantier n’était pas difficile (les barrières de ce côté étaient déjà un peu écartées) ; par contre côté rue, tout était cadenassé et le passage semblait impossible. J’ai in extremis réussi à trouver un point faible, la partie basse des barrières sous le cadenas étant liée par de simples liens de plastique ; j’ai finalement réussi à défaire ces liens et à écarter les barrières sur leur partie inférieure. Dès lors, et après nous être séparés de nos sacs, nous avons réussi à passer un à un en nous accroupissant en nous faufilant entre les barrières. Nous l’avions échappé belle ! Ensuite nous nous sommes dirigés vers le centre de Corbie (totalement mort comme bien des bourgs de province un dimanche après-midi). La ville semble du reste assez sinistrée en dépit de son passé industriel et de la présence de quelques belles maisons bourgeoises en briques de la fin XIXe. Ci-dessous quelques vues de l’abbatiale Saint-Pierre de Corbie, de style gothique et datant du début du XVIᵉ. Elle était bien évidemment fermée. À côté de l’abbatiale (ci-dessus à gauche), une autre église où vécut Sainte-Colette, une religieuse qui naquit ici pendant la guerre de Cent Ans et qui fonda l’ordre des Pauvres Dames. J’ai dit que la ville était morte, et nous ne nous attendions guère à trouver un café ouvert ! Pourtant, le bruit d’une joyeuse animation était perceptible d’un établissement de la place. Il s’y tenait une fête privée, mais la tenancière a gentiment accepté d’installer quelques sièges en terrasse afin que nous prenions une consommation. Un moment sympathique malheureusement gâché par une réflexion déplacée effectuée, devant la tenancière, par une participante qui trouvait les prix trop élevés, provoquant l’ire de cette dernière. Des fois j’ai vraiment honte d’être parisien… Nous avions eu un temps gris toute la journée mais nous avions jusqu’alors échappé à la pluie ; toutefois celle-ci devait nous rattraper pendant le dernier kilomètre restant à parcourir jusqu’à la gare. Heureusement, cela s’est limité à un léger crachin. |