| massif de la Chartreuse | ||
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Texte pour faire de la place Texte pour faire de la place Texte pour faire de la place Ici Paris occupé (par les Américains) Latitude : 48°52′0,00″ N Longitude : 2°19′60,00″ E Altitude : 0 m Date : 1er décembre 2024 Texte pour faire de la place Ici Paris opprimé par Macron Latitude : 48°52′0,00″ N Longitude : 2°19′60,00″ E Altitude : 0 m Date : 1er décembre 2024 ![]() En voici la liste :
On note toutefois que nous aurions dû effectuer notre
randonnée en sens inverse, dormant à Saint-Pierre en fin de circuit. Mais comme le gîte était complet
sauf le premier jour (justement à cause du trail), Jean-Marc a inversé le parcours.
Exception faite d’une vue d’avion, en route pour les îles Éoliennes en 2020.
Le petit déjeuner était du même accabit : buffet avec des œufs, des viennoiseries et même
du Nutella ! Pareil qu’à l’hôtel Ibis le premier jour.
![]() Vue depuis le sommet de Chamechaude (photo : Fabienne ROUX). ![]() Montée à Chamechaude, le passage « clef » (photos : Fabienne ROUX). On note que c’est la troisième fois sur cette page que
j’évoque la Bulgarie, un voyage qui remonte à maintenant six ans et qui ne m’a pourtant pas plus subjugué que cela.
À part la géologie (majoritairement calcaire en Bulgarie tout comme dans la Chartreuse), je ne vois guère d’explication.
En tout cas personne parmi nous n’a osé convoquer le « changement climatique » à propos
de ce cataclysme.
Initialement la météo prévoyait de la pluie pour ce dimanche.
Puis, c’est devenu un temps brumeux avec des orages en fin d’après-midi.
Le sud du massif de la Chartreuse2025 est l’année où j’ai repris les randonnées avec le CAF, après six ans d’interruption en relation avec la période Covid. Je ne m’étais pas réinscrit pour des raisons plus ou moins objectives (dont en particulier, le zèle dont ils avaient fait preuve pour appliquer à la lettre les mesures discriminatoires édictées par la Macronie). Mais les années passant, l’ambiance des randonnées CAF et les excursions qu’elles occasionnaient dans la France profonde avaient fini par me manquer. De fait, depuis 2020, je n’avais plus voyagé en France en dehors de son quart nord-est. J’ai choisi une randonnée dans la Chartreuse, organisée par Jean-Marc Thomas, le même organisateur que pour six de mes précédentes randonnées CAF sur 29. La période était, comme souvent pour ce type d’activité, le week-end de l’Ascension. Nous avons eu un temps très convenable, malgré les menaces d’orages pour la fin du week-end mais qui ne se sont pas véritablement concrétisées. Notons qu’il avait plu à Paris les jours précédents. Pour cette randonnée nous étions huit. Le niveau était « moyen + », avec des dénivelés journaliers supérieurs à 1000 mètres. Il fallait porter son sac avec toutes ses affaires trois jours sur quatre, ce que je n’avais plus refait depuis 2019, mais cela ne m’a finalement pas posé trop de problème. J’avais du reste acheté un nouveau sac, plus confortable que le précédent, en 2019, lequel ne m’avait jusqu’alors servi que pour deux randonnées. Une compétition de trail était organisée à Saint-Pierre-de-Chartreuse les 31 mai et 1ᵉʳ juin. Mais nous n’avons en fait pas été gênés, ne passant pas sur les mêmes sentiers aux mêmes moments. Je me suis rendu à Grenoble la veille au soir, prenant donc une demi-journée de congé. J’ai préféré dormir à l’hôtel Ibis plutôt que dans un dortoir près de la gare où sont descendus tous mes compagnons. Le rendez-vous était fixé à 8h20 devant la gare, j’étais bien en avance. Ensuite, nous avons pris un bus, c’était un peu la foire d’empoigne pour y monter car le bus était plein et a même refusé des passagers. Heureusement, pas de problème dans notre groupe. Le bus se rendait à Saint-Pierre-de-Chartreuse, mais notre randonnée a débuté un peu avant, à l’arrêt « la Correrie » qui est situé en contrebas du musée de la Grande Chartreuse. Nous avons commencé à marcher vers 10h ; les parages à cette heure étaient complètement déserts. La Correrie désigne un ensemble de bâtiments annexes au monastère de la Grande Chartreuse. Actuellement ces bâtiments servent de musée et constituent la seule partie du monastère qui se visite. Visite qui n’était pas au programme de notre randonnée, le musée était d’ailleurs fermé quand nous y sommes passés le matin (le jeudi étant jour de fermeture hebdomadaire en sus de la fête de l’Ascension ; toutefois, à notre grande surprise, il serait ouvert l’après-midi lorsque nous repasserions). Nous avons ensuite attaqué la montée : il y avait 800 m programmés le premier jour, et il semble que nous en ayons monté davantage. L’ascension du Grand Som (2026 m), le sommet dominant le site, n’était pas au programme car irréalisable dans le temps imparti. Quelques trouées dans la forêt nous ont permis d’apercevoir de haut le monastère de la Grande Chartreuse. Nous avons poursuivi jusqu’à un carrefour coté 1386 m, avant de redescendre un peu pour pique-niquer (je n’ai pas pris de photo du pique-nique). Passage par la chapelle Notre-Dame-de-Casalibus qui est aussi une dépendance du monastère. Ensuite nous nous rapprochons de la Grande Chartreuse (le sentier était aussi beaucoup plus fréquenté que le matin). Le monastère est immense, il devait abriter des centaines de moines même si de nos jours il n’en reste qu’une trentaine. En dépit du fait qu’il fut fondé au Moyen-Âge (au XIᵉ siècle), les bâtiments actuels sont du XVIIᵉ (propriété de l’État). Le monastère ne se visite pas. Les moines (l’ordre des Chartreux) sont soumis à une discipline très stricte, avec vœu de silence. Ils vivent en ermites dans de petites maisons situées autour de l’enceinte du monastère. Une fois par semaine, ils se promènent dans les environs. Les alentours du monastère constituent un « désert » (absence d’habitants). D’après ce que l’on peut lire dans Wikipedia, les Chartreux avaient été chassés des lieux en 1903 ; le monastère avait été ouvert au public et, entre les deux guerres, des cars entiers se pressaient pour visiter. Mais en 1940, le régime de Vichy mit fin à cette période et organisa le retour des moines. Étonnamment, la situation est restée inchangée depuis, les moines occupent toujours les lieux qu’ils louent à l’État, ce dernier prenant en charge l’entretien des bâtiments. La route reliant la Correrie au monastère est interdite à la circulation. (Une minuscule chapelle jouxtant l’enceinte du monastère est accessible au public ; je n’ai pas pris de photo). Le sentier longe ensuite les murs du monastère, on est censé respecter un certain silence. Retour ensuite à la Correrie. Comme je l’ai précédemment signalé, le musée était maintenant ouvert. Nous sommes entrés quelques instants dans la cour, mais sans prendre le temps de le visiter. Nous avons ensuite repris le sentier balisé GR9 que nous avions déjà suivi le matin dans l’autre sens — et qui serait notre itinéraire pendant la plus grande partie de ce trek. Le sentier rejoint ensuite la route pour le franchissement d’une gorge. Cette montagne assez caractéristique que l’on pouvait apercevoir du sentier était Chamechaude (2082 m), le point culminant du massif de la Chartreuse. Sommet au programme le surlendemain mais dont je n’achèverai pas l’ascension. En attendant nous avons remonté un peu pour nous éloigner de la route (vallée du Couzon)… …avant de gagner notre gîte sis au lieu-dit des des Quatre Chemins, en contrebas du village de Saint-Pierre-de-Chartreuse. Comme il était encore tôt, après avoir déposé nos sacs, nous sommes repartis pour une petite excursion jusqu’au village (occasionnant une cinquantaine de mètres d’ascension supplémentaires). Nous avons pu observer en chemin un troupeau de lamas et d’alpagas (dont je n’ai pu photographier qu’un seul spécimen). Pour ce qui est du village, je ne peux pas dire qu’il m’ait subjugué. Après parcouru l’intégralité des ruelles, nous avons fini par dénicher un café qui soit ouvert (malgré l’Ascension), pour un moment de détente dans la grande tradition du CAF… Second jour de randonnée. Au programme, une rude montée jusqu’au sommet du Charmant Som (1867 m), soit 1200 m. Pour information (et même si je ne m’y fais pas), il faut prononcer charmanson. Notons que ce sommet est facilement accessible depuis une route touristique (les chalets de Charmant Som), ne laissant plus qu’environ deux cents mètres à gravir. Sauf que nous, dépourvus de véhicule, nous avons dû effectuer toute l’ascension depuis le bas ! J’ai pris peu de photos de la montée dans la forêt. L’intégralité du sentier (y compris après le sommet, jusque vers le milieu de l’après-midi) était parsemé de balises spéciales en prévision du trail qui allait l’emprunter… le lendemain. Nous avons quand même eu chaud ! L’arête de Bénard, située en pleine forêt et sur laquelle nous avons fait une pause à environ la moitié de l’ascension. Il était possible (en se penchant) d’apercevoir le monastère de la Grande Chartreuse. Nous sommes ensuite assez rapidement sortis de la forêt. Peu à peu, une grande montagne enneigée à commencer à dépasser au-dessus d’une crête en direction du nord-est : le mont Blanc ! Je ne l’avais pas revu depuis 2019. Énormément de monde au sommet, arrivé en grande majorité par la route plus haut mentionnée. Une ambiance qui n’était pas sans me rappeler le mont Maliovitza en Bulgarie. Nous sommes restés une bonne heure au sommet, prenant le temps d’un pique-nique, et évidemment de nombreuses prises de vues.
Outre le mont Blanc, largement visible de même que ses sommets périphériques, on pouvait distinguer, en contrebas, le monastère de la Grande Chartreuse. Dans l’autre direction, au sud-ouest, le massif de Belledonne dont les sommets étaient encore très fortement enneigés. Enfin plus proches de nous, Chamechaude, ainsi que le sommet de la Pinéa (1771 m) vers lequel il était ensuite prévu de nous rendre. Nous avons été pendant notre longue pause quelques peu importunés par les parapentes qui survolaient le sommet en nombre. On se demandait même comment ils faisaient pour ne pas se télescoper. Encore plus embêtant, il y avait un droniste qui nous a cassé les pieds pendant une bonne demi-heure, avant que Jean-Marc finisse par s’énerver. Le ton est monté, l’individu a pesté contre les retraités (ce que je ne suis pas) et même émis des menaces de mort à peine voilées, avant que les choses n’en restent finalement là. Le début de la descente du Charmant Som. Nous avons rapidement rejoint les chalets du Charmant Som (accessibles en véhicule), avant de suivre sur quelques centaines de mètres la route qui longe la crête. L’affluence était telle que des véhicules, n’ayant pu se garer dans le minuscule parking terminal, stationnaient sur les bas-côtés tout le long du parcours. Le sommet du mont Blanc était toujours visible depuis la route ! (ainsi que du début du sentier que nous avons ensuite emprunté). Avant de quitter la route, nous avons fait halte quelques instants à l’oratoire d’Orgeval, qui marque la limite du « désert » de la Grande Chartreuse. Nous avons donc ensuite poursuivi le GR9 par un sentier qui continue à longer la crête, alternant les montées et les descentes. Et ce, jusqu’à atteindre les abord de la Pinéa (1771 m). Son ascension n’était pas au programme mais deux personnes du groupe ont choisi d’effectuer un crochet pour y monter (une ascension d’environ cent cinquante mètres, mais assez raide). Il paraît que la vue en valait la peine. Quant à nous, nous avons tranquillement enamé la descente en direction du col routier de la Porte (1324 m), où se trouvait notre gîte pour les deux nuits suivantes. Nous sommes arrivés assez tôt au gîte où je me suis un peu ennuyé. Certains ont joué au scrabble, mais ce jeu de grand-mère m’a laissé trop de mauvais souvenirs dans mon enfance. L’établissement faisait à la fois hôtel et gîte, le dîner se déroulait (le premier soir à une heure très tardive…) dans un véritable restaurant, assez gastronomique mais pas forcément adapté aux randonneurs. La partie gîte par contre était très rustique et moins confortable que la première nuit. Le jour suivant était prévue l’ascension en « sac léger » de Chamechaude (2082 m), point culminant du massif. La météo annonçait une dégradation orageuse, mais cette dernière est survenue plus lentement que prévu et n’a pas du tout perturbé notre balade. Le programme par contre avertissait que le fin de l’ascension était technique et potentiellement vertigineuse. Du coup, à l’instar du mont Vikhren en Bulgarie, j’ai fait une fixation à ce sujet, pour finalement totalement y renoncer sans même essayer. J’ai attendu le groupe avant d’arriver sur la crête. In fine, seules trois personnes sur 8 ont véritablement atteint le sommet. Avant d’arriver au passage, le sentier s’élevait progressivement sur la montagne calcaire, contournant les barres rocheuses. La vue sur les Préalpes et sur le faubourg de la ville de Grenoble se dévoilait progressivement. On note que le sentier était quasi-désert quand nous sommes partis au petit matin ; mais les choses ont assez rapidement évolué et le passage était devenu une autoroute quand nous l’avons parcouru à la descente ! (La falaise en forme d’arc de cercle inversé que l’on aperçoit sur plusieurs photos s’appelle « l’île Néron ». C’est une sorte d’Inselberg isolé des montagnes environnantes, d’accès assez difficile et érigée en réserve naturelle. Son nom ne laisse pas d’intriguer, mais le rapport avec l’empereur romain semble assez douteux.) Je me suis arrêté dès le premier passage un peu ardu (altitude mesurée : 2056 m) et j’ai attendu, moins longtemps que je ne l’avais craint (peut-être une vingtaine de minutes). Je pense que le véritable passage clef se situait à peine une vingtaine de mètres plus loin. En attendant, j’ai pris cette photo d’un chocard au bec jaune qui s’est posé devant moi (à ne pas confondre avec un choucas, comme c’est expliqué dans Wikipedia). Ensuite, redescente pour quitter la zone pierreuse et rejoindre l’alpage, où nous avons pique-niqué et fait une sieste assez longue (j’ai évité de m’allonger par phobie des tiques…). Pendant la descente, parmi la pléthore de personnes que nous avons croisées, figurait un individu emportant un… vélo. Nous nous sommes demandés ce qu’il comptait en faire là haut. Il n’a en fait pas atteint le sommet, mais quitté le sentier en contrebas pour gagner le haut de l’alpage avant d’y effectuer sa descente. L’arrivée de l’orage ne faisait aucun doute, même si nous avions encore quelques heures de répit. Mais quand j’en ai parlé un peu plus tard, j’ai constaté que certaines personnes du groupe n’avaient rien remarqué ! Conformément au programme, nous avons terminé la journée par un sentier alternatif, beaucoup plus calme, effectuant une grande boucle en forêt pour finalement descente plus bas que le gîte (donc, un peu de remontée en fin de journée). Ce sentier m’a un peu rappelé — en moins difficile — la réserve de Tzaritchina en Bulgarie, où nous étions là aussi sur un petit sentier en pleine forêt sur des versants pentus dont nous nous demandions bien comment nous finirions par nous sortir. Pour en revenir à la Chartreuse, cette boucle en forêt effectuait en fait le tour du Grand Ravin, une impressionnante zone d’éboulement (difficile à photographier…) qui a vu partir tout un pan de montagne. Quand ? Mystère, mais cela ne semble pas dater d’hier, eu égard à la végétation qui tente tant bien que mal de recoloniser la zone. Arrivée au gîte encore plus tôt qu’hier, prélude à un après-midi d’ennui. L’orage a fini par éclater, mais seulement alors que nous dînions. Notons que nous avons eu du spectacle ce soir là : la partie hôtel de l’établissement avait été louée au participants d’une soirée, une soirée costumée, avec un thème en relation avec une émission TV des années 1980 ; moi cela ne m’évoquait absolument rien, je trouvais juste ces gens parfaitement ridicules. Leur soirée était censée se dérouler en plein air, il y avait un barbecue en activité. Sauf que l’orage a rapidement forcé tout ce petit monde à se mettre à l’abri (dans un bâtiment attenant qui n’était ni celui du réfectoire, ni celui de notre gîte). Ensuite nous sommes allés nous coucher, très tôt en ce qui me concerne, je me suis rapidement endormi et n’ai nullement été gêné par leur petite fiesta, pas plus d’ailleurs que par l’orage. Le lendemain au petit matin, le barbecue était éteint mais semblait s’être consumé normalement, en dépit des intempéries. La dernière journée qui nous a vus gagner à pied l’agglomération de Grenoble, s’est déroulée conformément au programme initial, en dépit d’une aggravation météo annoncée qui est finalement arrivée plus tard que prévu et à laquelle nous avons presque complètement échappé. La journée a commencé par une descente jusqu’au village de Sappey-en-Chartreuse (840 m). J’ai bien aimé ce village, doté d’une belle église et offrant une magnifique vue sur les contreforts de Chamechaude. A suivi une rude montée, environ cinq cents mètres, pour quasiment retrouver l’altitude dont nous étions partis. Cette montée en forêt nous a permis de gagner la crête du mont Saint-Eymard, une falaise calcaire abrupte qui domine de plus de mille mètres l’agglomération de Grenoble (par contre les pentes du versant de Sappey par lequel nous sommes montés sont relativement douces). Je n’ai pas pris de photo de la montée, sans guère d’intérêt (accrobranche, pistes de ski…) mais uniquement de la vue une fois que nous avons atteint le bord de la falaise. De là, nous avons suivi la crête (le plus souvent à quelques mètres du bord), en direction du sud-ouest. La falaise se termine par le fort du Saint-Eymard, ouvrage défensif du XIXe destiné à protéger la ville de Grenoble. Ce spectaculaire ouvrage militaire, aujourd’hui désarmé et ouvert au public, n’a en fait jamais servi. On rejoint le fort par un petit tunnel d’environ cent mètres. Nous avons pris quelques instants pour pénétrer à l’intérieur du fort (sans être obligés de payer…) afin de bénéficier de la vue sur Grenoble. Après avoir fait le tour du fort (donnant littéralement l’impression de tourner en rond), le GR9 amorce une spectaculaire descente en sous-bois jusqu’au col routier de Vence, 400 mètres en contrebas (altitude : 782 m). Pendant cette descente, j’ai été doublé par un coureur de trail tellement véloce qu’il ne m’a aperçu qu’au dernier moment et qu’il a chuté en voulant m’éviter. Il s’est relevé et est reparti illico en laissant tomber deux barres de céréales : le temps que je le prévienne, il était déjà loin ! Nous avons pique-niqué au niveau du dernier lacet du sentier avant le col, au-dessus de la route dont le bruit nous perturbait tout de même quelque peu. Ce col (à l’instar d’ailleurs du col de la Porte dont nous étions partis) est desservi par un bus public, que nous aurions pu emprunter si la météo avait perturbé le déroulement de cette dernière journée. Mais il n’en était rien, nous avons poursuivi par un sentier en balcon remontant d’abord un peu et contournant le sommet du mont Rachais. Puis, nouvelle descente en direction d’une autre forteresse, la bastille Saint-Laurent, dont le nom a suscité moult plaisanteries aux Parisiens que nous sommes et qui allaient retrouver le soir même le métro et tutti quanti. La bastille Saint-Laurent est desservie par une télécabine, et nonobstant l’« éthique » du CAF, c’est par ce mode de transport qu’il était prévu de finalement gagner le ville de Grenoble. Eu égard à l’orage plus que menaçant, j’ai jusqu’au dernier moment craint que l’installation ne s’arrête et qu’il nous faille descendre à Grenoble à pied, sous l’averse. De fait, des rafales avaient commencé à souffler quand nous sommes montés dans la cabine, et il semble bien qu’elle ait été arrêtée juste après notre passage. Il s’agit d’une télécabine discontinue à l’image de celle de la Vallée blanche, avec des œufs regroupés qui ralentissent au passage dans les stations intermédiaires (et au passage des pylônes). Je me suis arrangé pour me placer dans la première cabine du groupe, avec Jean-Marc, ce qui m’a permis de « mitrailler » pendant toute la descente. La télécabine de Grenoble, que je n’avais jamais prise, m’avais toutefois marqué dans mon enfance : elle était tombée en panne le jour même de son inauguration (le 18 septembre 1976) et les passagers, incluant des enfants de mon âge, avaient dû être évalués par hélicoptère ! La télévision n’avait pas manqué de diffuser la scène. Arrivés sur le plancher des vaches (Grenoble n’est qu’à 220 m d’altitude), il nous restait 1h30 avant le départ du train. Nous aurions pu pousser jusqu’à l’hypercentre (que je ne connais pas du tout), mais il est vrai que la météo ne nous y incitait guère. Donc nous avons préféré gagner tout de suite les abords de la gare pour attendre dans un café. Les premières mètres de cette marche urbaine terminale se sont déroulés dans un parc, attenant au débarcadère de la télécabine, et les rafales de vent brassant le pollen des arbres m’ont causé une très violente crise d’allergie (alors que j’y avais complètement échappé pendant ces quatre jours de randonnée). Nous n’avons eu que quelques gouttes de pluie pendant que nous gagnions la gare, malgré les nuages très menaçants qui obstruaient le ciel de tous les côtés. La pluie ne s’est ensuite concrétisée, ni pendant notre attente, ni pendant le trajet en TGV. |